Publié : 13 novembre 2008

ACCOMPAGNEMENT DES ELEVES NOUVELLEMENT ARRIVES EN FRANCE PAR L’AFEV

Le Centre Académique pour la Scolarisation des Nouveaux Arrivants et des enfants du Voyage
(DALEC-CASNAV) de l’académie de Rouen voit élargir son réseau de partenaires à l’accueil des
migrants. A l’instar des autres académies, le CASNAV souhaite conforter l’accueil des jeunes
migrants par un accompagnement individualisé hors temps scolaire.

La réussite scolaire et individuelle d’un
jeune se définit également par les
rencontres que ce dernier peut faire à tout
âge et surtout quant cette rencontre s’effectue
dans un contexte amical.

Pour cela, l’Association de la Fondation
Étudiante pour la Ville (AFEV) a répondu aux
attentes et offre un soutien conséquent à nos
élèves nouvellement arrivés.
L’accompagnement individualisé
de publics spécifiques
au niveau national.

Dans d’autres académies, des actions ont
commencé à se développer à partir de 2001
auprès d’enfants nouvellement arrivés. C’était
une nouveauté pour les bénévoles de l’AFEV.
Ces enfants avaient en effet des attentes et
un rapport à l’institution scolaire différents
de ceux des enfants traditionnellement suivis
dans les dispositifs d’accompagnement à
la scolarité qui nécessitent davantage des
logiques de remédiation scolaire.

Depuis 2001, de nombreuses actions
d’accompagnement éducatif d’enfants
nouvellement arrivés ont été mises en place
par les différents pôles de l’AFEV comme
à Rennes, Lyon, Toulouse, Roubaix, Paris,
Nantes..., et autant d’autres lieux où le besoin
d’actions particulières envers ces enfants s’est
fait connaître. Dans le même temps, partout
en France, nombreuses sont les associations
qui se sont mobilisées en faveur de ce public,
mettant en place des actions éducatives à la
fois variées et innovantes. Certains de ces
projets se sont institutionnalisés, d’autres
ont changé de forme. Tous, en tout cas, ont
évolué en fonction de l’expérience, des leviers
et des freins propres à chaque action. Elles
sont malheureusement trop peu connues, ce
qui rend difficile l’échange de pratiques.
Comment accueillir les enfants et jeunes
nouvellement arrivés ? Comment faciliter
leur découverte d’un nouvel environnement
social, culturel, scolaire et les aider à se faire
une place dans la cité ?
L’accompagnement
éducatif de ces enfants n’est pas qu’une
affaire de spécialistes. Tous, enseignants,
étudiants, parents, travailleurs sociaux,
simples voisins... ont leur rôle à y jouer ;
tous ont à apprendre de telles rencontres, et
d’un regard neuf et questionnant sur notre
environnement et nos pratiques. Responsabilité
partagée, l’accompagnement de ces enfants
est aussi un acte de solidarité et ce rapport à
l’altérité une chance pour notre société.

Pour plus d’informations, vous pouvez
télécharger le Guide de l’accompagnement
éducatif des enfants et jeunes nouvellement
arrivés en France, coordonné par Clotilde
Giner et Eunice Mangado - AFEV et Institut
national de la jeunesse et de l’éducation
populaire à l’adresse ICI

Dans l’académie de Rouen
« Les missions du CASNAV ne se limitent
pas à l’évaluation de positionnement et à
la formation des professeurs de Français
Langue de Scolarisation (FLS).
L’accueil s’articule également autour d’un
suivi individualisé, indispensable au regard
des difficultés d’apprentissage, de communication,
de progression en termes linguistique.
Les correspondants CASNAV remplissent
certes cette mission mais celle-ci reste lacunaire.
Le rapprochement avec l’AFEV s’est fait
dans cette idée d’apporter un vrai soutien
à ces jeunes migrants, par le biais d’un
accompagnement éducatif concentré autour
de la communication orale, de la construction
d’une vraie relation de confiance et de l’aide
à la découverte de l’environnement socioculturel,
sportif et de loisirs de chaque jeune.
Il n’est plus à prouver par ailleurs l’importance
cruciale de la dimension affective de cet
accompagnement dans l’apprentissage général.
En effet, il faut rappeler qu’un grand nombre
d’entre eux sont arrivés depuis peu, avec des
parents ne connaissant pas toujours bien la
langue, ce qui entraîne souvent un repli sur la
cellule familiale, peu propice à une interaction
réelle et multidimensionnelle (linguistique,
sociale, affective, entre autres).
Si le succès se confirme, l’idée d’élargir le
tutorat à davantage de migrants a déjà été
adoptée.

Après une première rencontre fructueuse
avec les collèges Camille Claudel et Jean
Lecanuet à Rouen et Louise Michel à
Saint-Etienne du Rouvray, le CASNAV et
l’AFEV ont présenté ce dispositif aux directions
et professeurs de Français Langue Étrangère
(FLE) et de Scolarisation (FLS).
Les familles ont été immédiatement très
enthousiastes, cernant très vite l’occasion
donnée à leur(s) enfant(s) d’un vrai coup de
pouce éducatif et relationnel.

De son côté, l’AFEV s’est chargée de réunir
chaque binôme élève nouvellement arrivé/étudiant et suit l’évolution de cet accompagnement
en partenariat avec les collèges.
D’ores et déjà, et alors que l’accompagnement
a trois mois et demi d’existence, nous
pouvons parler d’un succès certain, au sens
où ce contact avec un jeune adulte disponible
à leurs attentes diverses constitue pour ces
élèves un apport nouveau et enrichissant. »


Catherine GAUBERT, correspondante CASNAV pour L’agglomération rouennaise

Zoom sur l’académie de Rouen - n°31 - Avril Juin 2008

Témoignages

L’accompagnement individualisé des élèves Dossier
nouvellement arrivés en France

Le Dispositif d’accueil du collège Camille Claudel de Rouen

« Le DAC (Dispositif d’ACcueil) du collège
Camille Claudel de Rouen a été ouvert à la
rentrée 2004 à la demande de l’Inspection
académique de la Seine-Maritime pour
accueillir de jeunes migrants scolarisés dans
des collèges de la proche rive gauche et du
centre ville de la rive droite.
Actuellement, de nouveaux DAC ont été créés
rive droite et le DAC Camille Claudel accueille
des enfants scolarisés dans les collèges
Camille Claudel et Jean Lecanuet.
L’effectif évolue en fonction des arrivées sur
le territoire et est actuellement de 20 jeunes
originaires d’Afrique noire (10 élèves),
d’Afrique du Nord (7 élèves) et d’Europe de
l’Est (3 élèves).
Dès leur arrivée en France, ces jeunes sont
évalués par les services académiques afin
de déterminer le niveau auquel ils devront
être scolarisés. Ils sont ensuite inscrits dans
l’un des deux collèges, en fonction du lieu
de leur domicile, et intégrés dans une classe.
Nous considérons en effet que, même si
leur connaissance de la langue française est
faible au début, il est indispensable qu’ils
soient intégrés et considérés comme tous les
autres collégiens, car notre rôle est aussi de
les aider à s’adapter à leur nouvelle vie dans
un pays qu’ils découvrent.
Ils quittent leur classe 3 heures, 6 heures ou
9 heures par semaine, en fonction de leur
niveau de français, pour suivre un cours
de Français Langue Étrangère (FLE) au
collège Camille Claudel, assuré par un
enseignant spécialisé dans cette discipline.
La proximité des deux établissements facilite
ces déplacements pour les élèves du
collège Jean Lecanuet.
Régulièrement, le professeur réajuste la
composition des groupes en fonction des
progrès des élèves. Le parcours normal
étant de commencer dans le groupe 9 heures
pour finir dans le groupe 3 heures.
L’idéal est même, et ces cas existent, que
le jeune puisse à un certain moment être
définitivement dispensé de cours de FLE.
En observant le fonctionnement de cette
section, on est frappé par deux choses : la
première est la rapidité avec laquelle ces
jeunes s’intègrent à la communauté scolaire
et s’épanouissent. Certains d’entre eux
ont vécu avant leur arrivée en France des
parcours difficiles, parfois douloureux, et on
est surpris par l’évolution de leur personnalité
et l’assurance, la confiance qu’ils acquièrent.
La deuxième est la capacité qu’ils montrent à
progresser dans la connaissance de la langue
française. A leur arrivée, certains d’entre eux
n’ont pratiquement aucune connaissance de
notre langue (ce sont pour ces cas des enfants
parfaitement anglophones) et, en l’espace de
deux ans, l’évolution est spectaculaire et leur
permet de poursuivre leur scolarité après le
collège . »

Alain ARDOUREL, Principal du collège
Camille Claudel de Rouen

Témoignage de Julie, volontaire du service civil volontaire à l’AFEV de Rouen

« Je suis volontaire à l’AFEV depuis le mois
d’août dernier et suis chargée de coordonner
et d’animer le projet « accompagnement
individualisé des enfants nouvellement arrivés
en France ».
Les principaux de collège m’ont fourni une
fiche pour chaque enfant concerné, regroupant
leurs coordonnées ainsi que des informations
sur leur niveau de français. Après avoir pris
connaissance de ces fiches j’ai pris contact
avec les familles afin de les mettre en relation
avec un étudiant bénévole recruté en début
d’année. Chaque rencontre étudiant/enfantparents
s’est déroulée au domicile en ma
présence. L’action a été très bien accueillie
par toutes les familles qui ont fait preuve
d’une grande hospitalité. Les étudiants se
sont d’emblée sentis utiles au vu des besoins
des enfants.
A partir de ce moment ont débuté les
accompagnements hebdomadaires où
chaque binôme a fait le choix de ses sorties.
Certains se sont par exemple inscrits à
la bibliothèque, d’autres sont allés à la
piscine, au musée, au cinéma... mais
toujours en privilégiant l’oral.
D’autres se sont penchés sur la question de
l’orientation scolaire en se rendant au CIO et
à la Cité des Métiers.
Beaucoup de parents ont manifesté leur désir
que les étudiants accompagnent leurs enfants
dans des sorties, eux ne se sentant pas
forcement à l’aise dans leur nouvelle ville.
Pour répondre à cette demande, il m’a semblé
opportun d’organiser un projet collectif afin
d’explorer le centre-ville de Rouen d’une
façon ludique. Chaque binôme était guidé
par un questionnaire, illustré de photos pour
se rendre d’un endroit à un autre. De part et
d’autre de la ville, des indices étaient cachés
ou écrits à la craie. Chacun a fait le parcours
comme bon lui semblait et à son rythme ...
Des binômes ont pris le temps de visiter
Le Gros Horloge, pendant que d’autres
ressentaient plus cette journée comme une
course à la découverte. Au cours de cette
journée, les binômes devaient prendre des
photos qui ont été exposées pendant les
Journées Mondiales des Jeunes Solidaires.
Cette sortie a permis aux collégiens de se
rencontrer et découvrir certains aspects de
la ville en apprenant de nouveaux mots de
vocabulaire grâce aux échanges entre binômes.
La fin de l’année étant proche, je vais
commencer à passer dans les familles pour
avoir leur ressenti sur l’accompagnement de
leur enfants.
Cette expérience fut vraiment très enrichissante
pour moi, et d’après ce que j’entends dire des
étudiants et des collégiens, elle paraît bénéfique
pour tout le monde ! »

Zoom sur l’académie de Rouen - n°31 - Avril Juin 2008

Documents joints