Publié : 19 novembre 2015

Aider les élèves en difficultés

Intervention de Monsieur Lescouarch, au collège Descartes. Mardi 3 Novembre 2015

Selon les résultats des enquêtes PISA, on peut constater :

• le pourcentage des élèves en difficulté a augmenté,
• le pourcentage des élèves ayant un très bon niveau a stagné voire baissé.
• L’école ne corrige pas les inégalités sociales
• Les élèves français n’ont pas confiance en eux
• Les élèves français ont peur de l’erreur
• La difficulté scolaire n’est pas traitée efficacement.

L’aide aux élèves en difficulté est toujours traitée de la même manière : travail en plus petit groupe pour faire de la reprise scolaire. C’est facilitant mais non suffisant.
Une partie de la difficulté scolaire ne se joue pas sur le domaine scolaire . La difficulté ne doit pas être assimilée à l’échec , tout apprentissage nouveau se fait dans la difficulté, cela ne pose problème que si la difficulté se transforme en échec.

Trois types de réactions sont constatées chez les enseignants :

-  dédouaner le système éducatif de la difficulté , la renvoyer du côté de l’élève
-  théorie de la reproduction et du handicap socio culturel
-  grille d’explication des situations relatives à la personnalité des enseignants
( « curriculum caché » l’école exige des règles qu’elle n’enseigne pas).

Les trois postulats peuvent être considérés comme vrais.

L’école est très ritualisée depuis le XIXème siècle ( espace clos / relation de pouvoir / travail type leçon-exercices / homogénéité de l’âge au sein d’une classe).
Pour les enfants issus de milieu populaires, ce système ne fait pas sens et les élèves ne peuvent adhérer à des normes qui leur sont inconnues. Dans les modèles familiaux des enfants des classes populaires, les enjeux de l’école se situent sur le comportement plus que sur les apprentissages que les parents ne maitrisent pas et pour lesquels ils ne peuvent aider leurs enfants pour les devoirs par exemple.
Pour ces milieux populaires, il existe un malentendu scolaire. Le contrat didactique n’est pas compris et les attentes des enseignants sont différentes de ce que l’élève en a compris.

Les ruptures didactiques les plus importantes se situent dans le passage CE1/CE2, à l’entrée au collège et à l’entrée au lycée.

Du côté des enseignants, le regard porté sur l’élève détermine la réussite ou l’échec. Comment expliquer la « constante macabre » constatée dans les résultats des notations des élèves sinon par la construction de l’évaluation elle-même .
Une évaluation positive est une information sur ce que l’on sait et peut être reprise plusieurs fois si besoin.

Les situations de stress minorent les capacités cognitives des élèves de milieux défavorisés. Le climat scolaire joue sur les résultats des élèves.

Pour aider les élèves :
-  vérifier que la tâche proposée est faisable
-  espace scolaire doit être un lieu où l’on ne se sent pas en danger , où le respect , l’empathie sont présents.
-  Différenciation
 échelonner le rythme et la temporalité
 différencier les supports de travail
 différencier la tâche ( différentes consignes pour un même support)
 aide
 mise à disposition d’outils, de ressources
 recréer des espaces de liens avec les familles dans les établissements scolaires.