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Publié : 31 janvier 2011

Conférence nationale sur les rythmes scolaires

La Conférence nationale sur les rythmes scolaires a eu pour première mission d’instaurer un débat riche et le plus large possible. Pendant trois mois, fin 2010, le comité de pilotage a recueilli les points de vue, les analyses et les témoignages de tous ceux qui le souhaitaient.

 Une synthèse des principaux avis partiellement consensuelle

Si les avis convergent globalement sur certains points, les débats restent ouverts sur des questions essentielles.

- Des horaires et une charge de travail à adapter au niveau
d’enseignement : les organisations de parents et d’enseignants
recommandent par exemple un temps d’enseignement journalier modulé de
l’élémentaire au lycée (5 h, 6 h, 7 h).

- Une journée moins lourde et non pas nécessairement moins longue :

– qui alterne suffisamment les activités pour respecter les
biorythmes de l’enfant et éviter la fatigue ;

– qui inclue le travail personnel ;

– où les pauses soient de vrais temps de repos.

- Une semaine à rééquilibrer dans le primaire mais est-ce en quatre jours,
quatre jours et demi ou cinq jours ? Il n’y a pas d’unanimité dans les
propositions mais la grande majorité des organisations entendues, toutes
catégories confondues, se prononce toutefois pour une semaine de 4,5 jours –ou de 9 demi-journées - afin d’équilibrer le rythme et la charge de travail sur la semaine, de sauvegarder le week-end en famille.

- Un 7/2 (sept semaines de travail, deux semaines de repos) à rendre
effectif : le calendrier des vacances est loin de faire consensus mais on
s’accorde toutefois sur l’objectif à privilégier : « Il faut se rapprocher du 7/2 ».

- Des vacances d’été en débat : les organisations auditionnées sont
partagées, les avis sur le web également, mais une diminution serait
envisageable si elle entraînait une meilleure alternance des temps de travail et
des temps de vacances.

 Des programmes à revoir mais dans quelle direction ?

La question desprogrammes débouche sur des oppositions de fond : nombre de parents etenseignants souhaitent les voir allégés ou recentrés sur les fondamentaux, tandis que d’autres défendent la nécessité de solides connaissances pour s’insérer dans la société.

 Enseignant : un métier qui doit évoluer, mais comment ?

Les pistesproposées divergent : nouvelles missions des enseignants ? Temps deprésence accru dans l’établissement ? Des évolutions seraient envisageables pour les syndicats si elles produisaient une réelle amélioration des conditions
de travail.

 Un cadrage national qui se décline selon une gamme étendue :

un cadre national strict ; un cadre national mais avec une prise en compte des
contraintes locales ; un cahier des charges national et une grande marge
d’autonomie aux établissements.

 Des pistes de travail pour le comité de pilotage

 Pour mieux piloter les évolutions des rythmes, organiser le dialogue
entre les responsables nationaux, les responsables scolaires locaux et
les collectivités territoriales, le comité de pilotage devra, dans son projet, proposer une réflexion aboutie sur l’articulation entre les différents niveaux de décision, afin de concilier avec la plus grande souplesse cadrage national et action menée au niveau des collectivités et des établissements et, ainsi, de répondre au mieux aux disparités locales.

 Éviter la « guerre des temps » dans l’organisation des rythmes scolaires du XXIe siècle

Le constat est unanime : si c’est la recherche des meilleures conditions
d’apprentissage pour les élèves qui doit guider les choix en matière d’organisation du temps scolaire, la réflexion doit cependant prendre en considération tous les temps, ceux de l’enfant, mais également ceux des adultes, les espaces et lieux de vie où ces temps se déroulent, dans l’école et hors l’école.
Le comité de pilotage devra donc élaborer des propositions visant à concilier temps de l’école, temps de la famille, temps du périscolaire et temps sociaux en
conjuguant les préconisations des travaux des scientifiques sur les rythmes
biopsychologiques des enfants et les nouvelles réalités du travail, les nouvelles
organisations familiales.

 Se préoccuper de tous les temps de l’enfant dans la définition d’une nouvelle organisation des rythmes scolaires

Tous les rythmes sont concernés : à ce titre, le projet de revenir à 9 demi-journées obligatoires ne saurait être une mesure isolée mais un élément d’une réflexion globale sur les facteurs de fatigue et les conditions d’apprentissage des élèves.

Le comité de pilotage devra donc proposer un projet complet, prenant en compte
aussi bien la répartition quotidienne des heures que la ventilation hebdomadaire et l’étalement annuel. Ce projet répondra à tous les sujets induits par cette perspective générale :

– variabilité des rythmes selon les âges,
– réflexion sur le zonage,
– organisation du temps libre,
– positionnement des examens dans le calendrier annuel,
– coordination des temps scolaires, péri et extrascolaires,
– mais aussi toutes les répercussions d’une évolution des
rythmes scolaires sur la vie de l’École, que ce soit en matière
de programmes, de modalités et d’outils d’enseignement, de
considération des missions et des temps de service des
enseignants.

 Évaluer les coûts des différents scenarii à explorer

La question du financement doit en effet être un levier, non un frein. L’État et les
collectivités doivent pouvoir s’appuyer sur un chiffrage clair avant de décider des
priorités de leur politique éducative.