Publié : 5 mai 2011

La circulaire de rentrée 2011

Le programme Éclair promeut l’innovation et l’expérimentation à l’échelle de l’établissement. Il constitue ainsi, avec les internats d’excellence et les établissements de réinsertion scolaire (ERS), un des premiers exemples d’expérimentation couvrant simultanément les champs de la pédagogie, de la vie scolaire et des ressources humaines. Une collection « vade-mecum », dont le premier numéro portera sur le programme Éclair, accompagnera le déploiement de ces expérimentations à la rentrée scolaire 2011.

Renforcer les dispositifs au service de la réussite scolaire : Éclair, ERS et internats d’excellence

Éclair et l’éducation prioritaire

À la rentrée 2011, le programme Clair, expérimenté dans 105 EPLE en 2010-2011, est élargi au premier degré et devient le programme Éclair « écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite ». Il a pour objectif la réussite de chaque élève et la réduction des écarts dans les résultats.

La liste nationale établie pour la rentrée 2011 concernera en priorité les établissements ayant expérimenté le programme en 2010-2011, les réseaux « ambition réussite » et, le cas échéant, quelques établissements proposés par les recteurs. L’ensemble des collèges concernés par le programme s’organisera en réseaux avec les écoles élémentaires et maternelles de leur secteur et dont la liste sera également arrêtée à partir des propositions des recteurs.

La maîtrise par tous les élèves des apprentissages fondamentaux repose sur une vie scolaire apaisée. À cet égard, les préfets des études sont des acteurs essentiels pour assurer, par niveau, un suivi individualisé des élèves et un accompagnement tant pédagogique qu’éducatif.

La qualité du pilotage pédagogique de l’établissement, le travail collectif ainsi que la stabilité et l’engagement des équipes constituent des leviers essentiels pour engager les écoles et les établissements du second degré du programme dans une dynamique de réussite.

Pour accompagner cette politique nationale, les services académiques, en lien avec les conseillers académiques à la recherche-développement, à l’innovation et à l’expérimentation (Cardie) et les corps d’inspection concernés (IA-IPR référents et IEN) accompagneront les équipes et aideront les chefs d’établissement dans leurs nouvelles missions. Sur la base d’un diagnostic partagé, des contrats d’objectifs définissant les priorités et les principaux leviers d’action devront être signés dans les meilleurs délais. Ils arriveront à échéance en juin 2015. Dans les établissements, les différents projets pédagogiques et éducatifs feront l’objet d’une évaluation rigoureuse.

Les établissements de réinsertion scolaire (ERS)

Depuis la rentrée 2010, les ERS proposent une scolarité aménagée pour des collégiens perturbateurs. Rattachés en grande majorité à un établissement scolaire, ils ont pour vocation d’accueillir aussi longtemps que nécessaire des élèves qui ont fait l’objet de multiples exclusions mais qui ne relèvent ni d’une prise en charge thérapeutique ni d’un placement dans le cadre pénal. Les ERS proposent ainsi, pour au moins un an, une rupture avec le cadre de vie habituel et offrent de préférence un hébergement en internat afin de permettre une prise en charge individualisée.

Dans le cadre d’un projet pédagogique et éducatif élaboré par l’ensemble des personnels, les ERS visent à :

- faire prendre conscience aux jeunes de l’importance du respect des règles de la vie sociale et scolaire ;
- remobiliser les élèves sur les apprentissages ;
- favoriser la maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences.

Les ERS privilégient une organisation du temps innovante : enseignement le matin, activités culturelles, sportives, artistiques ou citoyennes l’après-midi. Une attention particulière doit être portée à l’élaboration d’un programme pédagogique sportif spécifique permettant aux élèves de réapprendre les règles de vie en société et de développer leur esprit d’initiative et de responsabilité.

La réussite des projets repose sur la mobilisation de tous les partenaires : ministère de la Défense, ministère de l’Intérieur, Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), Agence du service civique, services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) des conseils généraux, collectivités territoriales, associations, etc.

La composition de la commission de sélection est également partenariale : elle permet de veiller à l’admission d’élèves dont le profil correspond bien au public des ERS.

Les internats d’excellence

L’internat d’excellence est l’avant-garde de la politique d’éducation prioritaire qui vise à donner plus à ceux qui ont besoin de plus. La formule de l’internat permet de maîtriser les facteurs extrascolaires au service de la réussite de l’élève. La rigueur du rythme de travail et l’ouverture sur le monde permise par les activités éducatives sont au service d’une pédagogie efficace qui a montré ses premiers effets. Les internats d’excellence sont des laboratoires d’idées et d’actions qui peuvent, de ce fait, être des têtes de réseaux pour le dispositif Éclair. Ils peuvent aussi être utiles pour la formation continue des enseignants.

Un objectif de 20 000 places d’internat d’excellence à la rentrée 2012 a été fixé par le président de la République, soit dans un établissement dédié, soit dans le cadre de places labellisées. Une offre importante dès le niveau collège renforce les effets du dispositif sur la réussite des élèves. Cette offre se poursuit en lycée, en classe préparatoire aux grandes écoles et en section de technicien supérieur afin d’offrir un parcours scolaire complet en internat d’excellence. Toutes les filières sont concernées : enseignements général, technologique et professionnel.

Au sein des internats scolaires publics ou privés sous contrat, de l’enseignement agricole ou des lycées de la Défense, la labellisation d’un nombre important de places facilite la mise en place d’un projet spécifique. Une campagne de communication auprès des familles, amorcée le plus tôt possible, permettra au plus grand nombre d’élèves concernés de bénéficier de cette opportunité. La politique de ces internats d’excellence qui s’établit au travers de schémas régionaux de développement des internats élaborés avec les collectivités locales contribue à un rehaussement qualitatif et quantitatif des internats de France.

Avec l’appui des moyens dégagés par le programme d’investissement d’avenir, de nouveaux internats d’excellence ouvriront leurs portes dès la rentrée scolaire tandis que les établissements déjà existants étendront leur capacité d’accueil. Ces derniers mettent en œuvre, avec le soutien du fonds d’expérimentation pour la jeunesse et de l’Acsé, des expérimentations dans les champs de la pédagogie et des activités à caractère social, culturel, sportif, scientifique et de découverte du monde professionnel. Ces expérimentations doivent faire l’objet d’un suivi précis par les Cardie.
Cette politique volontariste s’intègre dans un schéma plus global de développement des internats dans chaque académie, avec la nécessité de rééquilibrer l’offre entre les collèges et les lycées. De fait, si aujourd’hui un peu plus de 4 % des élèves sont internes, il s’agit en très grande majorité de lycéens. Compte tenu des effets bénéfiques des internats sur la scolarité, il faut encourager les collégiens et leurs parents à choisir ce mode d’hébergement.