Publié : 18 décembre 2009

Réussite éducative : individualisation des parcours et implication parentale.

Un séminaire "excellence et réussite éducative" s’est tenu à la Préfecture de Haute-Normandie, le 25 novembre 2009. L’un des ateliers de réflexion portait sur l’individualisation des parcours des élèves. Voici la synthèse des travaux.

Atelier : individualisation des parcours et implication parentale.

Animatrices : Zakia Seintignan (coordonnatrice PRE), Brigitte Gentès (IEN)

1. L’individualisation des parcours.

1.1. Le repérage : quand l’individualisation devient-elle incontournable ?

L’échec scolaire semble bien être le critère reconnu de tous, mais la réussite éducative ne saurait se résumer à la réussite scolaire. On rencontre autour de l’enfant des problématiques complexes, imbriquées ... qui appellent le partenariat.

Mais d’où part-on ? Des préoccupations de l’éducation nationale ou de celle des familles ? Il semble bien que toute action d’individualisation d’un parcours éducatif doit répondre à des besoins reconnus et identifiés par le jeune et sa famille. L’aide apportée doit être perçue comme une réponse. Il faudra savoir prendre en compte l’attente familiale, qui ne rejoint pas toujours l’attente des structures éducatives, sans perdre de vue la possibilité de la dépasser.

Point sensible (double contrainte) :

 attente institutionnelle (la réussite scolaire, un bon comportement du jeune) / attente familiale (un besoin de logement, la prise en charge des enfants, la réussite scolaire ...)

L’orientation vers le P.R.E.

Les coordonnateurs PRE la juge parfois trop timide au regard du nombre d’enfants potentiellement concernés et les dispositifs sont parfois en attente de repérages ...

Pour l’éducation nationale avant toute orientation vers le Programme de Réussite éducative, il y a la mobilisation des moyens internes (service de santé scolaire, Assistante Sociale, soutien scolaire, aide individualisée, Réseau d’aide ... etc). C’est bien souvent lorsque les problèmes sont multiples que le PRE s’impose.

1.2. L’identification des besoins

La position du coordonnateur de réussite éducative est essentielle. Ce dernier collecte informations et diagnostics parcellaires pour établir un diagnostic élargi, le plus complet possible, qui doit permettre aux différents partenaires éducatifs de bénéficier d’une vision d’ensemble la plus exact possible.

La notion de partenaire fait place à ce moment à la notion d’équipe : la mutualisation des connaissances à propos de la situation de l’enfant est mise en regard avec la mutualisation des moyens, le tout s’appuyant sur des chartes de confidentialité et de déontologie.

Points sensibles :

 la notion de secret partagé ne peut se faire sans l’accord de la famille, des assistantes sociales (tenues par un code de déontologie) et doit reposer sur une charte de confidentialité.

 la connaissance des acteurs entre eux passe par un temps de découverte des méthodes de travail et des circuits professionnels des différents services regroupés en « équipes pluridisciplinaires ».

1.3. Le plan d’aide

Plus le diagnostic est pertinent meilleure sera le plan d’aide.

Qui fait quoi ? Chacun des acteurs socio-éducatif apporte son savoir faire et son expertise. Pour l’éducation nationale le Programme de Réussite Educative (P.R.E.) est le pendant ou le prolongement du Programme Personnalisé de Réussite Educative (P.P.R.E.), c’est un élargissement de l’action menée et de l’action à mener autour de l’enfant.

Points sensibles :

 l’opérationnalité du plan d’aide. Le référent a un rôle pivot, c’est lui qui accompagne la mise en œuvre du plan. Quel doit être son profil et son statut (professionnel ou bénévole) ? Les expériences sont diverses et mériteront d’être honnêtement évaluées. Le référent est, à n’en pas douter, le « capital confiance » du jeune et de sa famille.

 La pérennité des dispositifs ou des intervenants auprès des enfants. On ne l’écrira jamais assez, c’est dan la continuité du travail entrepris auprès du jeune et de sa famille que peut se construire un parcours de réussite.

 La multiplication des intervenant ou des interventions : le plan d’aide ne peut en aucun cas être un empilement de mesures ou de « mesurettes ».

1 .4. Le parcours.

Sa cohésion : attention à la multiplicité des dispositifs et des intervenants autour de l’enfant. Un « référent général » peut en être le garant.

Sa lisibilité : organiser le retour d’information vers les acteurs et les familles.

Sa mémoire : avec quel document de liaison peut-on en assurer la lisibilité au fil du temps ?
Sa pertinence : il faut penser « évaluation » si on veut pouvoir réajuster ou conclure un parcours.

2. L’implication parentale

Chacun s’accorde à dire que le rôle des parents est une stratégique

Les entrées pour travailler en collaboration avec les familles.

• L’entrée par les besoins, identifiés par la famille elle-même ou « co-identifiés » avec la famille.

• L’entrée par la convivialité : elle est essentielle, il ne faut pas la négliger sans avoir à s’y cantonner.

• La communication des parents entre eux : exemple du club coup de pouce présenté par d’anciens parents d’élèves, dont les enfants ont pu bénéficier de ce type d’accompagnement.

• Les leviers « sur le terrain » : les personnes ressources (les référents, les médiateurs de réussite scolaire), « le réseau » (écoles, centres sociaux, les antennes CAF ...) », les actions concertées (au sein d’un CESC de réseau, pour des actions « nutrition-santé » par exemple).

• La contractualisation est nécessaire mais insuffisante (le contrat officialise mais n’est qu’une obligation morale).

• L’individualisation des rapports avec les familles : étayage / désétayage ; accompagnement / autonomie. Chaque famille nécessite un abord et un accompagnement particulier, c’est là un défi supplémentaire à relever dans le cadre de la réussite éducative. L’équipe pluridisciplinaire permet de varier les approches et le suivi.

Point sensible :

 Que faire lorsque l’aide proposée est refusée ou que le jeune et sa famille ne témoigne pas de bonne volonté ? (Revoir les objectifs à la baisse ? Se contenter de peu ? Reconnaître la limite de l’action menée ?)

Les pistes de travail et les élargissements possibles :

De quels outils spécifiques disposent les Programmes de Réussite Educative ? Que peuvent-ils apporter de plus en dehors de la coordination des actions ?